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Il était une fois…

Dans les années 2000, quelques hurluberlus eurent l’idée d’utiliser des trottinettes pour aller se jeter dans les airs, les faire tournoyer et atterrir les deux pieds et les deux mains dessus.
Après avoir convaincu leur entourage de les accompagner, ils se mirent à filmer leurs premiers exploits, à publier leurs premières vidéos sur Internet, à créer des forums de discussion et à inventer toujours plus de tricks.
Les premiers spectateurs de ces cabrioles furent divisés en deux catégories : les rageux, d’une part, et les curieux, d’autre part, qui à leur tour s’en allèrent dégoter eux aussi un engin pliable à deux roues et un guidon.

Quelques vidéos, rassemblements, compétitions et voyages plus tard… Boum, nous y étions. La trott freestyle était née.
Elle vit sa pratique se perfectionner, son matériel évoluer, les exploits se démultiplier, les gens se rapprocher, travailler, fabriquer, inventer.
Bienvenue, en 2026, dans le monde de la trottinette freestyle !

La trottinette freestyle, pour qui ?

Pour tous ! Du plus jeune âge jusqu’à l’arthrose.
La moyenne d’âge actuelle des pratiquants est encore jeune, d’une part parce qu’il s’agit d’une pratique relativement récente, et surtout parce qu’elle est très accessible dès les débuts, grâce à son aspect compact, sa prise en main directe et sa stabilité immédiate, notamment apportée par le guidon.
Gros avantage de la trottinette : on s’amuse avec, on apprend ses premiers tricks, presque immédiatement.

Pourquoi faire ?

Freestyle = style libre. Donc, on fait absolument ce qu’on veut.
Sauter par-dessus des marches, glisser sur un banc, décoller sur les rampes d’un skatepark, faire des courses de vitesse, s’en servir comme moyen de transport…
Depuis quelques années, cette pratique s’invite même sur les pistes de ski avec les snowscoots.

Une légende urbaine raconte même que certains individus exécutent des figures sur des surfaces planes, sans sauter, en tournant de manière circulaire. Aucune preuve tangible à ce jour...

Comment faire ?

La trottinette freestyle reste difficile à qualifier. Sport pour les uns, avec discipline et performance comme maîtres mots.
Art pour d’autres, où la créativité et le mode de vie (le fameux « lifestyle ») sont au centre. Et pour le reste, c’est un mélange des deux.

Des cours de trottinette au sein d’institutions développées et reconnues, comme on peut en trouver en football, n’existent pas (encore). On trouve des tutoriels sur le web, des associations, ou encore des cours particuliers au sein de skateparks, ici et là. Mais cela reste marginal.
La plupart des riders chevronnés ont appris sur le tas, en s’inspirant des autres : en vrai, ou en vidéo. Comme dans tant d’autres pratiques dites freestyle : « C’est d’abord des rencontres, des gens qui tendent la main, peut-être à un moment où l’on ne pouvait pas, où l’on était seul chez soi… »
C’est en s’entourant d’autres pratiquants que l’on apprend et que l’on évolue. Le skatepark est idéal pour cela : c’est le lieu des premiers pas et des premières rencontres pour la plupart d’entre nous.

Street ou Park : choisis ton camp !?

On a déjà un peu abordé le sujet précédemment, lorsque l’on a évoqué la trott comme « sport » ou comme « art ». De notre point de vue de OG, on aurait plutôt tendance à inciter les jeunes à rester polyvalents et à explorer toutes les facettes du riding en trottinette freestyle.
Mais le peuple en a décidé autrement : deux pratiques se sont visiblement distinguées, apportant chacune leur propre type de matériel, de style et de culture.

Skatepark

Le skatepark est un lieu de pratique où tout est déjà prêt, optimisé pour le fun, sans prise de tête. Funbox, quarter, half-pipe, plans inclinés, et même des modules inspirés de la rue : curbs, rails, marches. On peut donc y faire de tout au même endroit, et l’apprentissage des tricks y est grandement facilité.
Mais surtout, chose que l’on peut difficilement faire ailleurs : foncer à toute vitesse, décoller dans les airs et lancer des tricks aériens à profusion, le tout plus facilement grâce à l’élan fourni par les rampes.

C’est également un lieu de rencontre, multidisciplinaire, un espace d’échange où de nombreuses histoires se créent, amenant leur lot de nouveaux pratiquants. Quoi qu’on en dise, même un rider chevronné qui affirme pratiquer exclusivement en street est passé par le skatepark à ses débuts.

Les « parkeux », ont une approche très aérienne : ils volent en enchaînant les tricks. Leur trottinette virevolte dans tous les sens, tout comme leur propre corps, à base de rotations telles que les 360°, backflips ou frontflips.
C’est d’ailleurs cette dimension qui impressionne le plus le grand public, et c’est sur cette base que se construisent la plupart des compétitions, de la compète locale jusqu’aux championnats du monde.
Les parkeux ont généralement un esprit sportif et une âme de compétiteur. Leur pratique est optimisée : les trottinettes sont plus compactes et plus légères, ils sont équipés de protections de la tête aux pieds (et ils ont raison), et leur style vestimentaire est plus sportif, afin d’offrir une liberté de mouvement et un confort maximum.

Street

Le Street (la Ure) : c’est le mobilier urbain comme terrain de jeu. L’architecture urbaine peut parfois réserver bien des surprises. En ouvrant bien l’œil, on peut y trouver des curbs, marches, rails, des plans inclinés et des courbes qui en feraient pâlir le skatepark du coin.
La créativité des architectes urbains, combinée à celle des riders, rend certains endroits mythiques, réputés dans le monde entier. À l’inverse, d’autres « spots » sont bien cachés, entre les tours d’une banlieue ou derrière un entrepôt désaffecté, au fin fond d’une zone industrielle.
Dans la rue, une culture diverse et profonde s’est ancrée. C'est un lieu où se sont exprimés de nombreux artistes : grapheurs, rappeurs, chanteurs, musiciens, danseurs, cinéastes… La ville et ses ruelles regorgent d’histoires inspirantes.

Le « streeteux » joue au jeu de la trottinette freestyle en mode difficile. Il part à la chasse aux spots en arpentant les rues. Une fois sur place, rien n’est gagné : état du sol, passants, circulation, sécurité, police, météo… autant d’obstacles qui peuvent se dresser sur sa route.
Mais il est prêt. Car ce qu’il cherche, c’est la beauté du geste. Il transforme un simple trick en acte rebelle et esthétique. Il est envahi par le frisson de l’interdit, et lorsqu’il s’engage, il joue gros; parfois sa propre vie.
Généralement, son style de ride est proche du sol, à base de grinds et de combos sur une roue. Sa trottinette est plus imposante, plus lourde. Son style vestimentaire est atypique et décontracté, il ne met pas de protections (et il a tort). Il a une vision singulière des choses. Il est insouciant. C’est un artiste.

Bienvenue dans le guide ultime

Forts de notre expérience en tant que pratiquants passionnés et professionnels du milieu; design et production de matériel, conseil, entretien et assemblage en magasin, mais aussi acteurs et producteurs de la culture trott depuis des années, nous allons livrer, dans les pages qui suivent, le guide le plus complet jamais réalisé sur la trottinette freestyle.
Dans ces fiches conseils, nous allons parler en détail du matériel, en transmettant les informations les plus justes et les plus précises possibles. Lorsque nécessaire, nous ferons part de notre avis honnête, parfois tranché, sur l’offre existante, sans détour ni compromis.

Selon nous, la trott n’a pas encore atteint un niveau de démocratisation et de maturité suffisant pour que tout le matériel soit parfait, standardisé, simple à assembler et à comprendre. Trop de zones restent encore floues pour le grand public. Entre les matériaux, les tailles et les compatibilités entre les pièces qui varient sans cesse, il est facile de s’y perdre.

Ce guide permet de mieux comprendre et de choisir sa trottinette, ainsi que les pièces qui la composent, en fonction de l’expérience, du gabarit, du style et du type de pratique.
Il permettra de limiter les mauvaises expériences et la frustration, de soulager le porte-monnaie et de profiter de sessions plus fun, tout en développant la culture trott.