Conseils Lexique
Trottirider en LV2
Pour les néophytes, il n’est pas toujours facile de comprendre le langage spécifique du milieu. Ce lexique, non exhaustif, vous aidera à découvrir ce vocabulaire parfois étrange et à mieux appréhender les conseils qui suivront dans ce guide.
Trottinette
On parlera de « trottinette freestyle » ou de « trott freestyle », conçue pour réaliser des sauts et des figures, lorsque l’on voudra la différencier d’une « trottinette classique » (pliable), pensée uniquement pour le déplacement.
Pour une lecture plus fun, et afin d’éviter les répétitions, on pourra également employer les termes suivants : trott, bolide, engin, machine de guerre, setup, gamos, patinette.
Enfin, on fera parfois la distinction entre :
- les trottinettes « complètes » : trottinettes préassemblées, vendues en kit, prêtes à l’emploi
- les trottinettes « à la carte » ou « custom » : des trotts personnalisées, pour lesquelles on a choisi et assemblé soi-même chaque pièce.
Ride, Rode, Ridden
Le ride, plus précisément le « riding » (l’action de ride), désigne pour nous la pratique de la trottinette freestyle. Le pratiquant, c’est le « rider ».
Dans ces fiches conseils, nous parlerons de « style de ride » ou de « riding » uniquement à des fins techniques, afin d’évoquer le rapport avec le matériel. Nous aborderons donc le type de tricks, le lieu de pratique, l’intensité des impacts : « Un style de ride léger, très aérien », « Un riding lourd, agressif ».
Attention à la confusion entre « style de ride » et « flow ».
Le style au sens esthétique, l’allure générale, est plus souvent associé au flow : attitude corporelle, fluidité des mouvements.
C’est un terme plus subjectif et même si avoir un bon flow est important à nos yeux, ce n’est pas le sujet ici.
Tricks
Les figures que l’on fait dans les airs ou au sol, en équilibre, en glissant, tournoyant…
On va énormément parler de tricks, car ils sont à la source du développement des pièces. Design, tailles, matériaux… une pièce doit avant tout répondre aux contraintes et aux attentes des riders sur le terrain.
Sans dresser la liste complète de tous les tricks existants, on va vous en présenter quelques-uns très éloquents. Ceux que les spécifications techniques (specs) d’une pièce impactent le plus directement.
Tailwhip
Un « whip », c’est faire tourner le plateau (deck) dans les airs, à l’aide des pieds puis des bras. Un, deux, trois, quatre… on fait autant de tours que l’on souhaite, si notre niveau et le temps passé dans les airs le permettent !
Barspin
Un barspin, aussi appelé « bar » ou « bus » (pour bus driver), c’est faire tourner le guidon dans les airs, à l’aide des bras. Un, deux, trois, quatre… on fait autant de tours que l’on souhaite, si notre niveau et le temps passé dans les airs le permettent !
ScooterFlip
Faire tourner la trottinette dans les airs par-dessus la tête à l’aide des bras. Un, deux, trois, quatre ? Bien plus dur que le whip ou le bar : en faire un, c’est déjà pas mal. Il existe une multitude de variantes pour ce trick : à une ou deux mains, sans les mains, dans un sens ou dans l’autre…
Celui que nous invoquerons fréquemment est le plus courant : le Brian Scooter Flip, appelé aussi Briflip ou Bri.
Grind / Slide
Se poser ou s’appuyer sur une surface et glisser. Le dessous du deck est en contact avec la surface en question.
Et non, ça ne fait pas d’étincelles comme dans Tony Hawk’s Pro Skater 3… dommage.
Il existe des centaines de variantes de grinds et de slides. On va détailler un peu, ça nous servira pour la suite.
Surfaces
- Curbs : bordures, rebords ou murets, naturels ou aménagés, utilisés principalement pour les grinds. Le curb désigne à l’origine une bordure de trottoir, généralement basse et brute.
- Ledges : rebords plus surélevés ou plus travaillés, souvent plus larges ou plus longs, pouvant présenter des angles, des entrées ou des sorties spécifiques. Utilisés majoritairement pour les grinds, mais les slides peuvent aussi être de la partie.
- Rails : barres métalliques sur lesquelles on glisse aussi bien en slide qu’en grind. Ils peuvent être ronds ou carrés, droits ou légèrement inclinés.
- Handrails : rampes d’escalier, créées à la base pour aider mémé à grimper. Même principe que les rails classiques, mais en général plus hauts et plus inclinés, avec une prise de risque et un engagement bien supérieur.
Grinds
On parle de grind lorsque la glissade se fait avec le deck bien verrouillé sur la surface, et le plus aligné possible par rapport à cette dernière.
En avant, en arrière, d’un côté ou de l’autre, sur l’avant ou sur l’arrière… Il en existe un paquet.
Le feeble est l’un des grinds les plus courants sur un curb, tandis que le fifty-fifty (50-50) est le grind le plus populaire sur un rail.
Les grinds se pratiquent presque autant sur rail que sur curb de nos jours, difficile de leur donner un terrain de prédilection.
Slides
On parle de slide lors d’une glissade sur un rail ou un curb, mais de manière beaucoup moins verrouillée, plus libre. La position du deck est alors plus perpendiculaire à la surface.
L’équilibre est plus marqué, avec une gestion constante de la balance d’avant en arrière, mais aussi sur les côtés. Moins de surface est en friction, la glisse est donc plus rapide et plus fluide.
Les slides sur curb et ledge sont plus marginaux, ils sont principalement effectués sur rails.
Manual
Rouler en tenant l’équilibre sur une seule roue. Sur la roue arrière : manual. Sur la roue avant : nose manual.
Patience et équilibre doivent être au rendez-vous.
Fakie
Rouler en marche arrière, le regard et le corps restant orientés dans le sens habituel de la trottinette. Le fakie permet notamment de relier plusieurs tricks ou éléments sans interrompre son enchaînement.
Équilibre, contrôle et repères inversés sont de mise.
Fingerwhip
Dans les airs, on décolle les jambes du deck, on tire le guidon vers le haut, puis on lâche une main. Cette même main vient frapper le deck, qui part alors en simple, double, triple… whip.
Autant de tours que l’on souhaite et que notre niveau ainsi que le temps passé dans les airs le permettent.
Grab
C’est lorsqu’on attrape le deck avec la main. Dans les airs, on cherche à se rapprocher du deck en tirant sur le guidon et en se groupant, puis il ne reste plus qu’à « grabber » le deck. À l’avant, à l’arrière, au milieu du deck, à une main ou même à deux.
L’un des grabs les plus emblématiques est le superman grab : les jambes décollent du deck, se tendent, et l’on brandit fièrement la trott devant soi, une main sur le deck, l’autre sur le guidon.
Combos
Tous les tricks mentionnés ci-dessus peuvent également être enchaînés entre eux !
« Tailwhip to feeble to barspin », c’est ce qu’on appelle un combo, marqué par le mot magique « to ».
Dans un seul saut, une fois dans les airs, on peut enchaîner autant de tricks que l’on souhaite. Exemple : « whip to bar to fingerwhip ».
De nombreux tricks peuvent également être combinés et réalisés simultanément :
Tailwhip + barspin = full whip
Briflip + tailwhip = briwhip
Si l’on ajoute à cela les rotations, c’est une véritable explosion de possibilités : dans un même saut, des tricks peuvent être à la fois combinés et enchaînés.
Sur le papier, certains pourraient être considérés comme des combos, mais dans les faits, on ne les nomme pas ainsi. On parle simplement d’un trick :
Grâce au « to », on sait que les tricks juxtaposés sont réalisés l’un après l’autre. Pour le reste, ils se produisent en même temps.
En trott, le terme combo désigne surtout une suite de tricks bien distincts, réalisés sur un ou plusieurs éléments.
- Arnaud réalise un combo sur deux éléments séparés. Pour les relier sans interrompre son enchaînement, il utilise le fakie. Il aurait également pu utiliser un manual ou un nose manual.
- Théo enchaîne plusieurs tricks sur un même curb. Il réalise trois grinds différents et ajoute des tricks pendant les transitions, notamment un whip et une rotation.
Pop
C’est l’énergie que l’on génère lors de l’impulsion pendant un saut. Avoir un bon pop, c’est donc sauter plus vite, plus haut et plus loin. On gagne en amplitude afin de franchir un obstacle ou de lancer un trick plus facilement.
Bunny Hop
Aussi appelé Bunny Up, c’est une façon de sauter en partant du sol, sans rampe ni élan extérieur. C’est la meilleure manière de prendre de la hauteur.
On tire sur le guidon pour lever la roue avant, on transfère le poids puis on ramène les jambes, et la roue arrière décolle à son tour.
C’est un saut très décomposé, pas toujours utilisé par tout le monde ni pour tous les tricks, mais indispensable pour le franchissement d’obstacles.
Maîtriser le bunny hop est la base d’un bon pop !
Gap
Le gap, c’est l’espace entre deux points, en longueur et hauteur. On parle surtout de gap en street, sur des marches, des blocs ou des espaces à franchir.
Les gaps sont souvent bien plus violents à la réception, autant pour le matériel que pour le rider. À différencier d’un transfer, terme plus utilisé en park, qui implique le passage d’un module à un autre : « Transfer de la courbe vers le plan incliné. »
Session
Quand on va rider, on ne dit pas une partie ou une séance de trott. On dit une session, ou plus cool encore une sesh.
Conclusion
"Je suis parti en sesh cet aprem, session street. Arrivé sur le spot, on sèche la prise d’élan (c’était encore un peu mouillé). On sort la cam : pas de sécu, pas de voiture garée à la recep’, on est bon.
Je lance mon whip to bar to whip 15 marches ! Je me biche, mais rien de grave. Je remonte, je relance, je plaque ! Mon caméraman m’a coupé : il a mal réglé son fisheye, je recommence. Boum, je re-plaque. Trois Try, c’est dans la boîte, on se nachave.
On passe au shop, ça dérush, et on finit mon édit avec ce last trick de lard."
Ce lexique ne permettra peut-être pas de comprendre intégralement cette histoire racontée par un rider que, pour des raisons de sécurité, nous appellerons Cuv. Il aidera néanmoins à mieux comprendre la suite de ce guide.